À Nantes, la programmation d’un spectacle d’Ary Abittan ne passe pas. L’humoriste et comédien, doit en effet se produire à la Cité des Congrès de Nantes début mars. Cependant, sa venue programmée a rapidement fait réagir un collectif féministe local, qui réclame l’annulation de l’événement, jugeant incompatible la présence de l’artiste avec la lutte contre les violences sexistes et sexuelles portée par la collectivité. La mairie, tout en apportant son soutien aux victimes de violences, a rappelé qu’elle n’a pas de pouvoir légal pour interdire ce type de spectacle. Dans ce contexte tendu, la société de production Coullier Prod, qui représente Ary Abittan, a publié un communiqué en réponse aux déclarations de responsables municipales et aux pressions militantes.
La polémique à Nantes est née après que le collectif féministe #NousToutes a appelé à l’annulation du spectacle d’Ary Abittan prévu le 3 mars 2026 à la Cité des Congrès. Le collectif, qui a déjà milité pour l’annulation d’un spectacle de l’humoriste à Cannes, estime en effet qu’accueillir l’artiste enverrait "un mauvais signal" dans le contexte de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, et que cette programmation serait en contradiction avec les engagements affichés de la municipalité en matière d’égalité femmes-hommes.En réaction, la mairie de Nantes, dirigée par Johanna Rolland, a publié une déclaration dans laquelle elle affirme "son soutien et sa solidarité à toutes les femmes victimes de violences sexistes et sexuelles". "Je tiens à affirmer tout mon soutien et ma solidarité à toutes les femmes victimes de violences sexistes et sexuelles, ainsi qu’à toutes celles et ceux qui luttent à leurs côtés pour que leur parole soit entendue", a indiqué la maire de la ville alors que, de son côté, l’adjointe à l’Egalité, Mahaut Bertu, a indiqué comprendre et partager "la colère suscitée" par la venue de l’artiste.Après avoir souligné l’importance de faire entendre leur parole, la ville de Nantes a toutefois rappelé que la collectivité ne dispose d’aucun levier juridique pour interdire la venue d’un artiste, dès lors qu’il ne fait pas lui-même l’objet d’une mesure d’interdiction de spectacle émanant de la justice. Pour rappel, l’humoriste et acteur de 52 ans a été accusé de viol en 2021 avant de bénéficier d’un non-lieu.
En réaction aux prises de position publiques et à la demande d’annulation formulée par le collectif #NousToutes, la société de production Coullier Prod a diffusé un communiqué concernant le spectacle d’Ary Abittan prévu à Nantes. Dans ce texte, le producteur rappelle d’abord qu’Ary Abittan a été définitivement mis hors de cause par une décision de non-lieu rendue le 30 janvier 2025, insistant sur le caractère définitif de cette décision judiciaire.La société de production affirme que toute déclaration publique qui tendrait à remettre en question ce non-lieu constitue, selon elle, une remise en cause de l’autorité judiciaire. Elle cite notamment les propos tenus par Mahaut Bertu, adjointe à l’égalité à la mairie de Nantes, jugés "inexacts" et qualifiés de diffamatoires par Coullier Prod. Le communiqué indique que ces déclarations porteraient atteinte "à l’honneur et à la considération" de l’artiste et précise qu’une action en diffamation est envisagée.Coullier Prod explique également que, depuis le retour sur scène d’Ary Abittan, plusieurs actions visant à empêcher la tenue de ses spectacles ont été recensées. Selon la production, ces initiatives ont conduit au dépôt d’une plainte le 22 janvier 2026 pour "entraves à l’exercice de la liberté d’expression et de la liberté de la diffusion de création artistique". Cette plainte vise des faits intervenus dans différents lieux où l’humoriste devait se produire.Dans son communiqué, la société de production insiste enfin sur le fait que le spectacle de Nantes est légalement programmé et que le public doit pouvoir y assister librement, sans être confronté à des troubles à l’ordre public. Elle estime que les perturbations dénoncées sont le fait "d’un groupuscule" et rappelle que, selon elle, ces actions contreviendraient à la loi.