Pour être tout à fait claire, je ne fais pas partie de celles qui détestent instinctivement les paparazzis. Je dois même remercier ces pervers armés d'appareils photo pour bon nombre des clichés de célébrités spontanés, non posés, que je chéris le plus. Comme la photo du “Bimbo Summit” avec Lindsay Lohan, Paris Hilton et Britney Spears, ou à peu près toutes les images des jumelles Olsen pendant leurs années à NYU (vous souvenez-vous de leur sketch de paparazzis dans Saturday Night Live ?).
Cela dit, il est grand temps que je trace une ligne claire dans le sable concernant leur manie constante et ininterrompue de gâcher des scènes entières de projets cinéma ou télé encore inédits. Que ce soit pour Marty Supreme, le film de Josh Safdie avec Timothée Chalamet, Les Hauts de Hurlevent d'Emerald Fennell, déjà controversé, ou Le Diable s'habille en Prada 2. Sérieusement, vous vous souvenez du grand chapeau vichy de Carrie Bradshaw dans la dernière saison de And Just Like That… ? C'est quelque chose que j'aurais aimé découvrir à l'ancienne, sur HBO, ou Max, ou quel que soit le nom maintenant, et pas sur Getty Images un an à l'avance !
Évidemment, les paparazzis qui photographient des stars de télé ou de cinéma pendant leurs tournages, ce n'est pas nouveau (surtout quand ça se passe à New York, en plein jour), mais avec Instagram, X et toutes les applis qui me bouffent lentement des années de vie, j'ai l'impression qu'on a franchi un cap. Ces photos sont diffusées plus largement, plus vite, pour le meilleur ou pour le pire.
Je veux dire, je suis aussi enthousiaste que n'importe quel employé de Vogue à l'idée d'une suite du Diable s'habille en Prada, mais je ne vais pas mentir : savoir déjà ce que porte Anne Hathaway dans le rôle d'Andy Sachs, ça me coupe un peu l'herbe sous le pied. J'ai envie d'imaginer son monde post-Runway, plus mûr, aussi longtemps que possible... jusqu'à ce que le film sorte en salle, d'accord ? Pareil pour la future série de Ryan Murphy sur John-John et Caroline Bessette-Kennedy. Oui, je dévore chaque photo paparazzi de Sarah Pidgeon, blonde, comme des bonbons. Mais j'ai aussi la nausée et je suis trop excitée juste après. Comme quand je termine un sachet entier de bonbons pêche gélifiés et que je prétends que ça compte comme un “déjeuner”.
On pourrait dire que si je voulais vraiment décourager la diffusion de ces photos spoilantes, je n'aurais qu'à arrêter de les republier dans des articles. Mais soyons honnêtes. Nous, dans la presse mode et culture, on dépend de l'économie des paparazzis. Ce que j'aimerais, en revanche, c'est qu'ils respectent un peu plus les droits liés à la propriété intellectuelle. Qu'ils se contentent de hanter New York, à l'affût de célébrités alcoolisées, faisant des trucs embarrassants en sortant de boîte. Comme le veut la tradition. Laissez-moi au moins la joie d'attendre quelque chose dans ce monde cruel, par pitié !
Article publié initialement sur Vogue US
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2025-07-30T08:37:17Z